Tendance saisonnière réactualisée des 4 prochains mois

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Article N°23458

Tendance saisonnière réactualisée des 4 prochains mois

Nous proposons ce jour une "tendance saisonnière" pour les cinq prochains mois. Pour rappel, la fiabilité n'excède pas les 55 - 63 %.
Nous nous appuyons sur les différents modèles saisonniers (CFS, CEP, IRI, EUROSIP, METOFFICE, METEO FRANCE etc), les indices (QBO, MJO durant l'hiver, SST, ENSO, TNA etc), les cycles et l'observation de la stratosphère (en période hivernale).
Nous rappelons également que les indices AO (oscillation arctique) et NAO (oscillation nord atlantique) ne sont que "les conséquences" des modélisations GFS et GEFS. Ces indices ne servent pas à la prévision.

BILAN D'OCTOBRE 2019 :

Octobre a été conforme à notre tendance établie précédemment avec de la douceur et de l'humidité qui s'est installée (https://extreme-meteo.tvlocale.fr/n31-france/article-tendance-saisonniere-reactualisee-des-5-prochains-mois.html?id=23074). Sur l'ensemble du mois et sur la France, la température moyenne a été supérieure à la normale de 1,6 °C
En moyenne sur le mois et sur le pays, la pluviométrie a été excédentaire de plus de 40 % avec notamment un épisode méditerranéen intense entre le 19 et 24 octobre (inondations exceptionnelles à Béziers). 
L'ensoleillement a quant à lui été assez largement déficitaire sur la majeure partie du pays.

Ce mois d'octobre aura donc constitué une vraie rupture par rapport à une succession de mois le plus souvent sec. Une récurrence humide semble s'installer et le mois de novembre en cours confirme la tendance. 



Source données : Météo France et Climate Data 

Le mois de novembre en cours est particulièrement humide notamment dans le sud et l'ouest (la palme revenant au sud-ouest avec des records de pluviométrie battus notamment à Dax - records également en Corse). Le déficit thermique est également présent suite à un épisode relativement froid qui s'achève en ce milieu de semaine. De la neige d'isothermie aura fait parler d'elle en plaine du centre-est avec des conséquences importantes sur la végétation et sur le fait que de nombreux foyers ont été privés d'électricité. Ainsi, la dernière tendance que nous avions réalisé pour ce mois de novembre, est largement erronée car nous évoquions douceur et temps plutôt sec. (https://extreme-meteo.tvlocale.fr/n31-france/article-tendance-saisonniere-reactualisee-des-4-prochains-mois.html?id=23333).

La douceur s'apprête à revenir pour les 7 prochains jours :

Le déficit en cours, devrait donc bien se résorber si bien qu'on devrait finir le mois avec un bilan thermique assez équilibré.

L'humidité devrait persister notamment sur le bassin méditerranéen en liaison avec un flux de sud qui se remet en place dès ce milieu de semaine, augurant d'un épisode cévenol puis méditerranéen s'étalant entre le 20/11 et le 24/11. Les cumuls s'annoncent possiblement très importants tandis que la moitié nord sera moins concernée. La dernière semaine de novembre devrait être encore perturbée avec toujours des talwegs arrivant en bout de course sur la France, pouvant donner pas mal de pluies par séquence. 

Rappel sur l'année 2019 des mois dont la tendance a été fausse : Février - Mai -  Août - Novembre en cours

TENDANCE DES PROCHAINS MOIS :

Décembre 2019 : Un flux d'ouest à sud-ouest perturbé s'imposerait avec de très fréquentes perturbations sur tout le pays, y compris le bassin méditerranéen pouvant être concerné par des flux de sud humide passagers mais pouvant ramener de fortes intempéries. A noter que des coups de vent et tempêtes semblent également possibles. Il pourrait neiger abondamment sur les reliefs au delà de 1500 mètres. Une période plus anticyclonique parait possible courant du mois (entre le 15 et le 25). La toute fin de mois pourrait être possiblement plus froide mais humide avec un flux s'orientant davantage au nord à nord-ouest. 
Températures excédentaires : De +1 à +1,5°C
Précipitations excédentaires 
Ensoleillement déficitaire 

Janvier 2020 : Des conditions anticycloniques reviendraient périodiquement au sud de la Loire avec de fréquents brouillards et nuages bas, alors qu'au nord de la Loire des perturbations pourraient circuler donnant des pluies parfois assez abondantes. Un peu de froid passager pourrait s'infiltrer sur le nord-est du pays notamment sur la première quinzaine mais sans conséquences particulières. 
Températures excédentaires : De +0,7 à +1,2°C
Précipitations excédentaires (normales près de la Méditerranée et en Corse) 
Ensoleillement déficitaire

Février 2020 : Les hautes pressions s'imposeraient sur le proche Atlantique en tentant de s'étendre jusqu'au Groenland. Le flux de nord à nord-ouest dominerait sur les deux premières décades avec des perturbations pluvieuses et parfois neigeuses dans le nord-est. Pas de grand froid en vue cependant avec une influence océanique présente dans un contexte d'oscillation nord atlantique assez neutre. La dernière décade serait plus douce mais perturbée avec un flux zonal d'ouest. 
Températures excédentaires : De +0,2 à +0,7°C
Précipitations excédentaires 
Ensoleillement déficitaire
(Tendance inchangée)

- Mars 2020
: C'est un flux d'ouest océanique qui dominerait avec de fréquentes perturbations aussi bien au nord qu'au sud. 
Températures excédentaires : De +0,5 à +1°C
Précipitations excédentaires
Ensoleillement déficitaire

Encore une fois pour rappel, nous parlons de "tendance" et non pas de "prévision" et donc elle n'est pas à prendre au pied de la lettre. On ne peut jamais exclure complètement un scénario qui peut sembler à un instant T très minoritaire.

Prochaine mise à jour : Vers le 15-20 décembre 2019 


Ajouts techniques : La lisibilité pour l'hiver à venir, qui s'apprête à débuter, reste toujours assez faible. On reste toujours sur une unanimité des modèles saisonniers pour envisager une NAO+ (oscillation nord atlantique) avec douceur et humidité largement prédominante. Cette unanimité nous rend très méfiant d'autant plus que l'hiver dernier et d'une manière générale, les modèles saisonniers ne brillent pas obligatoirement par leur fiabilité. Ces modèles lissent pour rappel une tendance qui peut cacher au sein de 3 mois glissants des séquences plus hivernales, un hiver doux peut comporter des périodes froides (on a le bel exemple de l'hiver 2011-2012 globalement doux mais qui avait vu cette fameuse vague de froid sur la première quinzaine de février). 
Une grande majorité d'indices servant à la prévision, tendent toujours vers la neutralité que ce soit ENSO (El Nino-Nada-La Nina - attention atmosphériquement parlant c'est plutôt une faible signature El Nino qui persiste mais peu probante certainement par ses conséquences en Europe), la QBO bien que décroissante en allant vers le négatif mais à quelle vitesse pour se propager à la basse stratosphère?, la TNA et autres. Ce qui importe pour l'Europe, c'est avant tout de cerner l'oscillation arctique (AO) et l'oscillation nord atlantique (NAO) et pour l'instant on pourrait tendre aussi vers la neutralité avec des alternances (on voit que la NAO+ a beaucoup de mal à s'installer sur la durée). 
Chaque hiver, nous observons aussi l'état de la stratosphère qui peut influer par ricochet la troposphère. Un réchauffement stratosphérique est envisagé sur décembre mais difficile à ce jour encore d'évaluer son intensité. Son placement est également primordial mais semble se développer davantage sur la Sibérie s'étendant vers le Pacifique. 

De prime abord, cela pourrait favoriser des crêtes anticycloniques sur la Sibérie et l'Alaska. Le froid s'écoulerait sur la Russie Centrale et Orientale ainsi que le centre et l'est des Etats Unis et du Canada. Attention car ce qui est dit, reste vraiment à préciser et à ne pas prendre au pied de la lettre car d'autres paramètres dans la troposphère, peuvent venir interférer dans ce schéma préférentiel. L'Europe parait avoir plus de chances de rester dans la douceur et l'humidité dans ce type de configuration. 

Source cartographie : Judah Cohen AER 

Il est aussi bon de rappeler que nous vivons un réchauffement climatique qui rebat les cartes et peut rendre "caduque" certains repères en terme d'indices ou de cycles, nous n'avons aucune réelle certitude mais le réchauffement climatique se répercute aussi et avant tout au niveau des masses d'air. Les masses d'air froid sont de moins en moins étendues en toute saison au profit des masses d'air chaud. Un flux de nord à nord-ouest il y a plus de 35-40 était en mesure d'amener de la neige en plaine avec un déficit thermique marqué, ce n'est plus vraiment vrai de nos jours à cause de l'apport maritime et d'une masse d'air qui dès le départ du pôle est moins froide. Il devient donc plus compliqué d'obtenir des conditions froides même si pour autant les vagues de froid ne disparaitront pas de l'Europe notamment avec les flux continentaux. Donc des configurations semblant bonnes pour des conditions hivernales, peuvent plus facilement "accoucher d'une souris" qu'auparavant tant les réglages fins doivent être optimaux. 
Nous nous efforçons donc de prendre en compte le réchauffement climatique dans nos tendances en ne faisant pas "une lecture au pied de la lettre" des indices et cycles avec des rapprochements commodes d'événements froids du passé. 


Modélisation illustrative de la tendance saisonnière : Synthèse de différents modèles dont ceux de Météo France, ECWMF européen, DWD allemand, MetOffice anglais, CMCC et NCEP. Cela met en exergue l'unanimité des modèles pour une configuration type NAO+ sur les 3 mois hivernaux, se répercutant par un hiver doux souvent humide sur une bonne partie de l'Europe. 
 

Fabien DELACOUR

Lien :https://extrememeteo.fr/

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