Tendance saisonnière des 5 prochains mois réactualisée (#meteo - #saison) (Bilan de l’été 2018 publié)
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Article N°21279

Tendance saisonnière des 5 prochains mois réactualisée (#meteo - #saison) (Bilan de l’été 2018 publié)

Nous proposons ce jour une "tendance saisonnière" pour les quatre prochains mois. Pour rappel, la fiabilité n'excède pas les 55 - 63 %.
Nous nous appuyons sur les différents modèles saisonniers (CFS, CEP, IRI, EUROSIP, METOFFICE, METEO FRANCE etc), les indices (QBO, MJO durant l'hiver, SST, ENSO, TNA etc), les cycles et l'observation de la stratosphère (en période hivernale).
Nous rappelons également que les indices AO (oscillation arctique) et NAO (oscillation nord atlantique) ne sont que "les conséquences" des modélisations GFS et GEFS. Ces indices ne servent pas à la prévision.

BILAN DE L'ETE 2018 :

Tout d'abord, quelques rappels concernant notre été météorologique (qui comprend juin, juillet et août). L'été 2018 a été marqué par la persistance quasi continue de températures supérieures aux valeurs saisonnières* et par une vague de chaleur qui a concerné l'ensemble du pays du 24 juillet au 8 août.
La température moyenne de 21,2 °C sur la France et sur la saison a été supérieure à la normale* de 2 °C. L'été 2018 se classe ainsi au 2e rang des étés les plus chauds, loin derrière 2003 (+ 3,2 °C) mais devant 2017 (+1,5 °C). (Juin : +1,7°C - Juillet : +2,5°C - Août : +1,7°C)
De la région parisienne aux Hauts-de-France et aux Ardennes, les températures moyennes ont même été comparables à celles de 2003, voire localement plus élevées près des frontières du Nord comme à Lille (Nord), Saint-Quentin (Aisne), Charleville-Mézières (Ardennes) ou Abbeville (Somme). 
La pluviométrie a été contrastée. Malgré un mois d'août globalement peu arrosé hormis des Cévennes à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Corse, les précipitations de cet été ont été excédentaires de plus de 20 % sur l'est de la Bretagne et les Pays de la Loire, le sud de l'Aquitaine et de Midi-Pyrénées ainsi que sur les régions méditerranéennes. L'excédent a localement atteint 2 à 3 fois la normale des Cévennes au Var et en Corse-du-Sud. Les précipitations ont en revanche été déficitaires de 30 à 60 % des côtes normandes aux frontières du Nord et du Nord-Est ainsi que sur le centre du pays. Ce déficit associé aux fortes températures a ainsi contribué à un assèchement important des sols superficiels sur le quart nord-est de l'Hexagone.
En moyenne, sur la France et sur la saison, la pluviométrie a été déficitaire* de 10 %.
L'ensoleillement a été excédentaire** sur la quasi-totalité du pays. Il a été exceptionnel sur un large quart nord-est, dépassant souvent les valeurs remarquables enregistrées en 2003 avec un excédent supérieur à 20 %. Il a été plus conforme à la saison sur le piémont pyrénéen, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse.
Source : Météo-France  Article : http://www.meteofrance.fr/actualites/65448060-2018-2e-ete-le-plus-chaud




En référence à la vague de chaleur du 24 juillet au 8 août.


A noter que l'été 2018 a été un des étés les plus orageux des 20 dernières années comparable aux étés 2013 et 2006. L'activité orageuse a été tout de même déclinante au fur et à mesure de l'été (juin très orageux, juillet raisonnement orageux, août avec un déficit orageux). Les orages ont concerné d'une manière bien plus prononcée la moitié sud du pays et notamment PACA et Corse. 

Pour terminer le bilan, on voit au niveau synoptique des hauts géopotentiels arrimés quasiment tout l'été (moins en août que les deux mois précédents) entre les Iles Britanniques et la Scandinavie. Cela explique les records de températures de l'Allemagne, au Bénélux ainsi qu'en Scandinavie. L'été 2018 était au final un grand été.

AUTOCRITIQUE :

Notre tendance saisonnière avait bien ciblé depuis la fin de l'hiver dernier, la venue d'un été chaud. Juin et juillet ont été bien appréhendés et concernant août même si nous l'avions entrevu au départ plutôt perturbé, nous avons revu notre tendance fin juillet en le qualifiant finalement de plus sec et chaud. Donc au final, nous avons une bonne réussite sur notre approche saisonnière de l'été. Ce qui a été plus difficile à cerner c'est l'activité orageuse qui a été récurrente sur le sud-est du pays et la Corse, nous l'avons minimisé. Cela prouve à quel point, il est plus aisé de prévoir les très grandes lignes et beaucoup plus difficile d'entrevoir les particularités régionales. 
Concernant le mois de septembre chaud et sec actuel, notre tendance est dans le juste. Cela fait aussi plusieurs mois (depuis le printemps) que nous entrevoyons un mois de septembre de cette facture. 

TENDANCE A MOYEN TERME :

Notre mois de septembre pour l'heure est chaud et sec avec une anomalie d'environ +1,5°C. 
L'anomalie positive de température va enfler dans les 7 prochains jours sous l'influence d'un flux de sud-ouest. 

En effet en début de semaine prochaine sous l'influence de la tempête tropicale Hélène qui va franchir les Açores et remonter vers l'Irlande, une franche impulsion chaude va de nouveau s'exercer nous ramenant à des températures avoisinant fréquemment les 30°C. Mardi serait la journée la plus chaude de la série. A partir de mercredi prochain, les températures commenceraient à baisser mais resteront toujours franchement au dessus des normales d'ici le week-end prochain.
Concernant l'aspect du ciel la semaine prochaine, le vent va s'orienter au sud-est en basses couches notamment près de la méditerranée et ramener à partir de lundi possiblement de bons orages fortement pluvieux. Des orages aussi concerneront les reliefs du sud à partir de lundi avec même un risque dans les plaines du sud-ouest et du centre-ouest (pouvant se diffuser vers l'est éventuellement). On restera plutôt sur des orages localisés en général donc difficile à localiser. En cela, c'est aussi conforme à l'approche saisonnière que nous avions faite qui faisait part d'un risque grandissant à partir de la deuxième quinzaine concernant des pluies et des orages près de la méditerranée. On y est. Dans le détail, ça reste à préciser car trop de divergences entre modèles et ce n'est pas l'objet de cette présente publication. La moitié nord resterait quant à elle plutôt favorisée jusqu'en fin de semaine prochaine à part éventuellement quelques orages isolés vers le centre-ouest. 
On surveille également un possible épisode méditerranéen en toute fin de semaine prochaine se couplant à un cévenol. Les modélisations restent cependant très divergentes entre elles... 

Reste à définir l'amplitude du talweg qui va nous aborder, plus il descendra vers la Péninsule Ibérique, plus il sera apte à envoyer à l'avant des bouffées humides sur la méditerranée dans un flux de sud-est en surface. Mais en tout cas, on pourrait s'orienter vers davantage d'agitation près de la méditerranée.

Etant donné que la fiabilité n'est pas optimale pour la semaine prochaine, inutile de dire que la fiabilité est très limitée pour la dernière semaine de Septembre même si on semblerait s'orienter vers de nouveau des conditions anticycloniques plutôt sur le nord/nord-ouest de l'Europe. Ca ne vous rappelle rien? Cela ressemble furieusement à la récurrence de mai-juin-juillet. Si bien que des gouttes froides pourraient circuler en méditerranée et pourquoi pas affecter le sud du pays. Donc en terme de ressenti pour notre pays, peut être une première tendance vers un temps plutôt agréable et chaud sur la moitié nord, et plutôt perturbé et orageux sur la moitié sud. Ca reste très largement à confirmer mais encore une fois ça colle plutôt bien à la tendance saisonnière qui avait été faite au mois d'Août. A suivre. 

TENDANCE DES PROCHAINS MOIS :

Octobre 2018 : Des conditions anticycloniques récurrentes devraient prédominer entre les Iles Britanniques et le Bénélux soumettant à un temps sec et souvent agréable sur une bonne moitié nord du pays. Pas ou peu de perturbations océaniques à attendre avec un flux zonal quasi absent. Cela serait plus contrasté sur la moitié sud et notamment près de la méditerranée sous l'influence de basses pressions sur la Péninsule Ibérique et en Méditerranée. On peut même attendre des épisodes méditerranéens et/ou cévenols. Globalement, ce serait un mois plutôt sec avec un bon ensoleillement. Attention aux températures frisquettes en matinée sur la moitié nord sous un flux continental avec des premières gelées blanches précoces. Le début de mois pourrait être encore chaud pour la saison avant une bascule progressive. 
Températures excédentaires : De +0,2 à +0,7°C
Précipitations déficitaires (excédentaires près de la méditerranée)
Ensoleillement excédentaire (normal près de la méditerranée)
(Tendance inchangée)

Novembre 2018 : Les blocages anticycloniques continueraient à régner sur l'Europe s'installant notamment près de la Scandinavie. Les perturbations océaniques auraient bien du mal à pénétrer sur l'Europe dans ces conditions. Un flux continental d'est pourrait ainsi régner notamment sur la moitié nord alors que sur la moitié sud, on peut s'attendre à l'influence de dépressions portugaises, espagnoles et méditerranéennes. 
Températures proches des normales : De -0,3 à +0,2°C (gelées matinales nombreuses sur la moitié nord)
Précipitations déficitaires (excédentaires près de la méditerranée et notamment sur PACA et en Corse)
Ensoleillement excédentaire (déficitaire près de la méditerranée)
(Tendance inchangée)

Décembre 2018 : On alternerait entre des conditions plutôt anticycloniques et des incursions perturbées océaniques mais avec un courant jet plutôt bas en latitude (toujours une tendance aux hautes pressions aux hautes latitudes). Les perturbations seraient plus fréquentes au sud qu'au nord avec de nouveau possiblement des intempéries près de la Méditerranée. A noter que la première partie du mois serait douce sans excès avec donc cette circulation océanique assez basse en latitude alors que la deuxième quinzaine pourrait être plus froide sous une influence continentale. 
Températures proches des normales : De 0 à +0,5°C
Précipitations normales au nord, excédentaires au sud
Ensoleillement normal

- Janvier 2019 : Vers un mois possiblement bien froid où on ne peut pas exclure une vague de froid notamment sur les deux premières décades. Les hautes pressions pourraient s'installer entre les Iles Britanniques et la Scandinavie orientant un flux continental d'est à nord-est. Les dépressions circuleraient entre la Péninsule Ibérique et les Balkans passant par l'Italie, pouvant nous influencer et engendrer des conflits de masses d'air aptes à donner des précipitations neigeuses jusqu'en plaine. Les régions méditerranéennes et la Corse pourraient être particulièrement concernés par les pluies, la neige à très basse altitude et parfois jusqu'au littoral ainsi que des orages.
Températures déficitaires : De -1 à -0,5°C
Précipitations déficitaires au nord de la loire, normales à excédentaires ailleurs. Excédentaires près de la Méditerranée et en Corse.
Ensoleillement déficitaire (normal au nord de la loire)

- Février 2019 : Les hautes pressions se décaleraient entre le Groenland et les Iles Britanniques avec des basses pressions qui reprendraient possession de la Scandinavie en s'écoulant vers la Méditerranée. Le flux serait davantage d'origine maritime mais provenant du nord avec certainement du froid humide par séquences. Les chutes de neige pourraient faire parler d'elles en plaine.
La deuxième partie du mois pourrait être plus douce et humide sous les auspices du retour d'un flux zonal. 
Températures proches des normales : -0,3° à +0,2°C
Précipitations excédentaires
Ensoleillement déficitaire

En résumé, nous nous orientons vers un automne dans sa première partie chaud (parfois même très chaud et on le voit ce mois de septembre) avant de basculer sur sa deuxième partie vers bien davantage de fraîcheur. Fraîcheur surtout perceptible à travers les minimales sous ciel clair. La récurrence des hautes pressions sur l'Europe est manifeste pour cet automne tendant par période à s'élever vers le nord du continent. Cela est favorable à un flux continental et surtout la prise de possession à venir de la Méditerranée par les basses pressions. On peut malheureusement redouter de fortes intempéries sur nos régions méditerranéennes et la Corse. Se basant sur les analogies de cycle et avec une QBO négative en phase est s'essoufflant par la haute stratosphère, cela est favorable vraiment à un automne très anticyclonique sur l'Europe et pour nous notamment la moitié nord du pays. La sécheresse de surface devrait s'intensifier sur la moitié nord. 

Concernant l'hiver météorologique qui va débuter le 1er Décembre, la tendance reste à prendre avec de grandes pincettes car à cette époque de l'année nous n'avons pas tous les indices entre notre possession pour évaluer pleinement ce que pourrait donner l'hiver. L'affinage aura lieu entre Novembre lorsque nous aurons eu une vue plus précise de l'état de la stratosphère et l'état d'avancement des surfaces enneigées sur l'Eurasie. A ce jour, nous pouvons seulement nous baser sur les analogies des cycles et quelques indices. Les modèles saisonniers ne peuvent pas trop être pris en compte à ce jour. Tout de même, il est à noter que la probabilité d'un hiver froid est réelle avec un faisceau d'indices concordants (activité solaire déclinante - flux de particules solaires atteignant l'atmosphère de moins en moins important - transition QBO négative à QBO positive favorisant les afflux de chaleur dans la stratosphère - faible El Nino avec influence très négligeable en Europe - PDO négative bien orientée). D'autres indices sont par contre moins encourageants et probants. 
Nous serions dans une phase de quelques années de continentalisation de notre climat avec des flux zonaux peu fréquents. Cela favoriserait des saisons plus marquées avant d'aborder un autre cycle solaire. Il faut tout de même rappeler le contexte de réchauffement climatique indiscutable ce qui rend les masses d'air froid, moins froides justement même si cela n'empêchera pas à l'avenir d'autres vagues de froid touchant l'Europe. 
Nous ne rentrerons pas dans davantage de détails car c'est déjà assez technique comme cela.

Encore une fois pour rappel, nous parlons de "tendance" et non pas de "prévision" et donc elle n'est pas à prendre au pied de la lettre. On ne peut jamais exclure complètement un scénario qui peut sembler à un instant T très minoritaire.


Prochaine mise à jour : Vers le 15 Octobre 2018 








 

Fabien DELACOUR

Lien :http://www.extrememeteo.fr/

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