1er et 2 décembre 1976 : tempête sur l’ouest de la France et tornade quasi certaine en Saintonge
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Article N°21922

1er et 2 décembre 1976 : tempête sur l’ouest de la France et tornade quasi certaine en Saintonge

Le saviez-vous ? Les 1er et 2 décembre 1976 une violente tempête peu connue frappait l'ouest et le SE de notre pays jusqu'en Corse, précédée par au moins une tornade quasi certaine, en Saintonge à Loiré-sur-Nie
 

La tempête a concerné 25 départements et y a causé de gros dégâts : deux cargos et un pétrolier s’échouent sur les plages landaises de Seignosse et Mimizan. Grosses pertes également sur les huîtres du bassin d’Arcachon. Des milliers d'arbres sont déracinés. Après son passage, on déplorait au moins 5 morts (5 marins disparus) et le bilan humain s'est alourdi depuis puisque d'autres sources évoquent le chiffre, probablement définitif, de 8 morts.
On a relevé 181 km/h à la pointe du Raz, 176 km/h à Quimper, 174 km/h sur l'île de Ré, 167 km/h à St Brieuc, 159 km/h à Millau, 152 km/h à Pau, 139 km/h à Bordeaux (ou 137 km/h selon les sources), 133 km/h à Toulouse...

Déjà depuis plusieurs jours, nous détaille Météofrance dans sa synthèse, les dépressions océaniques se succèdent sous un jet d'altitude qui s'étire de Terre-Neuve à la France. L'avant-veille 30 novembre, une première dépression tempétueuse traversait déjà toute l'Europe de l'Ouest France incluse, et la veille 1er décembre vers 23h une très probable tornade frappe le petit village de Loiré-sur-Nie en Charente-Maritime (13 kms au nord de Matha), sous des orages pré-frontaux issus d'un contexte météo typique des situations tornadogènes hivernales dans la région (flux de SO, localisation en sortie gauche du jet...). Elle a entre autres littéralement décapité le clocher de l’église et ses dégâts se répartissent sur un couloir très localisé et surtout très délimité : des maisons situées à côté de l’église sont restées indemnes.
Nous n'avons que peu de renseignements sur ce cas, qui m'a été rapporté par des témoignages, typique de ces cas hivernaux puissants survenant à l'avant ou dans le sillage des tempêtes qui restent souvent mal connus voire inconnus faute de témoins directs. Oui, cela peut paraître incroyable et pourtant cela s'explique : les gens sont alors confinés chez eux par la menace tempétueuse. Ces tornades ont souvent aussi la mauvaise idée de survenir la nuit (comme ici pour celui de Loiré) ce qui évidemment n'arrange rien à leur identification. Si l'on ajoute enfin que la plupart du temps leurs dégâts sont noyés dans ceux de la tempête, empêchant l'identification d'un net couloir délimité, on comprend mieux pourquoi sur ces régions des cas même puissants (F2, F3) peuvent paradoxalement ne pas bénéficier d'éléments suffisants pour être validés voire passer complètement inaperçus en tant que tels.  On se rappellera d'ailleurs que la terrible tornade de Hautmont du 8 août 2008, survenue elle aussi la nuit, bien qu'estivale et relevant d'un contexte différent, n'a pas été identifiée en tant que telle immédiatement (on avait d'abord parlé de rafales descendantes).
Suivie d'une chute de grêle, le cas de Loiré a pu, lui, faire l'objet d'une estimation d'intensité-plancher F1. Les témoignages en sont saisissants : "Le matin, quand j'ai ouvert mes volets, je ne reconnaissais plus le village : le clocher avait disparu." D'autres témoins, plus proches, nous évoquent le bruit assourdissant et le caractère très bref du phénomène..

Il n'est bien sûr pas exclu que d'autres cas similaires survenus ce même jour ou dans le ciel de traîne qui a suivi la tempête, dorment encore dans l'obscurité des catacombes médiatiques...
 


      
Image 1 : trajet du centre dépressionnaire. Il est important de savoir que les vents les plus violents se situent non pas sur cette ligne, mais à quelques centaines de kms plus au sud (Météo-France)  /  Image 2 : détail du clocher de l'église de Loiré-sur-Nie. La nette démarcation de couleurs des pierres suggère qu'elle puisse être liée à la reconstruction du clocher suite au passage du phénomène.
Vignette : La Une de Centre Presse du 3 décembre 1976 



    

Carte des zones impactées les 1er et 2 décembre 1976  (carte de gauche)  - Météofrance  /  Inondations dans les Landes suite à la tempête (source : Météo-paris)
 

 

- Synthèse Météo-France sur la tempête : http://tempetes.meteofrance.fr/Tempete-du-2-decembre-1976.h…
- Fiche tempête Météo-France : http://tempetes.meteo.fr/IMG/anthemis_pdf/19761202.pdf
- Éléments contextuels intéressants sur ce blog : http://pourquoipaspoitiers.over-blog.fr/article-25404347.ht…


Nicolas BALUTEAU

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